« Un Carême joyeux »
Comment ça, un « Carême joyeux » ? Le Carême n’est-il pas une période de dépouillement, d’abstinence, de privations, de sacrifice, de mortification ? N’est-il pas une période triste où nous devrions nous faire souffrir pour notre bien ? N’est-il pas une période inquiétante où nous voyons se profiler la mauvaise conscience de ne pas être suffisamment observants. Vraiment un Carême peut-il être joyeux ? Nous entendons des appels à la sobriété qui nous proposent de profiter du Carême pour nous dépouiller de l’inutile, à commencer par les biens qui nous encombrent (vêtements fanés ?) et les occupations futiles (temps sur les écrans ?). Si nous voyons ces allègements comme le décrassage d’un bijou pour lui faire retrouver son éclat, alors notre Carême sera brillant. Notre Carême peut être aussi l’occasion de réaliser l’effort que nous retardons depuis longtemps (commencer un sport, arrêter de fumer ?). C’est peut-être encore le moment de réfléchir à son style vie pour le rapprocher d’un idéal (meilleure alimentation, travail plus éthique ?). Ces réalisations de Carême, vécues comme des résistances ou des créations apportent leur lot de fiertés. Mais ces projets personnels de Carême sont incomplets si nous ne pensons pas aussi aux autres. Bien sûr, cela se traduit prioritairement par une aide à ceux qui sont les plus démunis. De nombreux organismes existent (CCFD, Secours catholique, Restos du cœur et bien d’autres) que nous pouvons soutenir par notre temps ou notre argent. Mais n’oublions pas près de chez nous un voisin, une voisine auxquels nous pouvons rendre service, ou que nous pouvons inviter à notre table. Nous savons que nous pouvons y trouver la joie du partage. Et puis, en famille, en couple, le Carême n’est-il pas le bon moment pour vérifier les valeurs et les priorités que nous mettons en avant. Des temps de pause, de dialogue, ou une retraite sont peut-être les clés pour retrouver de la légèreté dans nos relations. Pour nous aider à nous lancer dans un Carême joyeux, le Seigneur est là au bout de nos prières. Pour nous accompagner dans nos réflexions, nos choix, et nos efforts, le Seigneur est encore là au bout de nos prières. Pour se réjouir avec nous de nos réussites de Carême, le Seigneur est toujours là dans notre joie. Mais le Seigneur est quand même là si nous avons échoué, et Il est là encore pour entendre notre souffrance d’un monde qui va mal.
Denis
L'édito de la semaine
